Politique Publié Le 09 Aout 2025 a 18:37 |
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Marche du Front commun : une marée humaine pour réclamer la réintégration de Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo |
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Source: linfodrome.com | |
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En Côte d'Ivoire, le PDCI-RDA et le PPA-CI, principaux partis de l'opposition, ont organisé ce samedi 9 août 2025 à Yopougon une marche de protestation pour exiger la réintégration de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, tous deux exclus de la course à la présidentielle d'octobre 2025. |
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Soutenus par d’autres forces de l’opposition, notamment le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’Guessan et Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro, les organisateurs réclament également une réforme électorale, l’ouverture d’un véritable dialogue politique avant la tenue du scrutin et s’opposent à la candidature du président Alassane Ouattara à un 4e mandat présidentiel. Des milliers de militants et sympathisantsDès les premières heures de la matinée, des milliers de militants et sympathisants ont afflué vers le point de rassemblement, brandissant pancartes et banderoles. On pouvait y lire : « Ça suffit ! Chaque Ivoirien a le droit de voter ou de se présenter à l’élection » ou encore « Oui au dialogue politique avec le gouvernement ».
« Nous sommes sortis pour dire non à l’exclusion et oui à l’intégration des présidents Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et de l’ancien Premier ministre Guillaume Soro », a déclaré un manifestant. Un autre a lancé : « Trop, c’est trop ! Nous disons non à la dictature, non au quatrième mandat du président Alassane Ouattara ». Un contexte politique tenduCette mobilisation, que les organisateurs qualifient d’« historique », s’inscrit dans un contexte politique tendu. A moins de trois mois du scrutin présidentiel, les principaux leaders de l’opposition dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé ont été radiés des listes électorales en raison de décisions judiciaires controversées. Cette situation les éliminent de facto de la course à la présidentielle. L’opposition politique dénonce « une instrumentalisation de la justice à des fins politiques » et une manœuvre du camp présidentiel visant à « verrouiller le processus électoral ». Le gouvernement, pour sa part rejette tout implication, arguant de l’application stricte des textes, invoquant des motifs juridiques liés à l’éligibilité. Dans son discours à la nation prononcé à la veille de la célébration du 65e anniversaire, le président Alassane Ouattara a annoncé que toutes les mesures ont été prises pour garantir la tenue d’un scrutin « apaisé, sécurisé et démocratique » Des risques et des enjeuxSi la manifestation de ce samedi s’est déroulée sans incidents majeurs, des sources sécuritaires reconnaissent que « le climat reste volatile ». « Toute escalade pourrait fragiliser davantage le processus électoral et compromettre la stabilité sociale », confient-elles. Les organisateurs annoncent déjà d’autres actions de mobilisation dans les semaines à venir. Pour eux, la bataille ne se limite pas à la candidature de deux figures politiques, mais concerne « la sauvegarde de la démocratie et de l’État de droit » Jean Kelly KOUASSI |